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Votez pour votre duchesses

Lise Bonenfant

Montcalm

La mascarade

Au Cinéma Cartier, jeudi le 13 février de 4h à 5h
LA MASCARADE en première mondiale

Vous êtes cordialement invités au lancement du film de Paméla Bisson réalisé avec la collaboration d’enfants de l’école primaire Anne-Hébert située dans mon royaume.

Tapis rouge à 16h et projection du film prévue à 16h30.

Acteurs et actrices: Anna, Anne-Sophie, Mateo, Jacob, Marilou, Jeanne Boilard, Marie-Alice Boucher-Trudel, Logan Dias, Esteban Cantin, Simone Lajoie-Demers, Maxime Robin, Sophie Thibeault et une femme masquée.

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Paméla Bisson se définit comme une vidéaste indépendante engagée pour l’épanouissement de la jeunesse terrienne et des arts médiatiques.

Le synopsis

Anne et Anne-Sophie sont les meilleures amies depuis la maternelle, mais depuis que le demi-frère d’Anne, Mateo, est devenu l’ami du frère d’Anne-Sophie, Jacob, elles craignent leurs coups pendables dans toute l’école…

M. Thomas leur propose d’organiser des projets sur le carnaval.

Mme Élise leur demande de préparer un exposé sur une femme qui les inspire.

Qui sera cette femme inspirante?

 

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Notre Musée national des beaux-arts

Pendant la grève étudiante, j’ai participé, avec mon amoureux que j’appelle tendrement «Ti-coeur», à une activité au Musée national des beaux-arts. Cette activité consistait à peindre LIBREMENT sur un long mur extérieur.

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 J’ai dessiné un carré rouge et un «Ti-coeur» sur le mur. Un responsable du musée a effacé le carré rouge sous prétexte que ce geste était politique et, par ce fait même, que le musée ne l’était pas… Mais le «Ti-coeur»  a survécu à la censure. L’amour triomphe toujours.

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J’habite au 18e étage d’un édifice dans mon quartier. Notre Musée funéraire national des beaux-arts est installé majestueusement à mes pieds. L’architecture y est magnifique, mais c’est une coquille vide. Pourquoi ne pas ouvrir les portes et ainsi permettre à des artistes vivants, de toutes les disciplines, de s’approprier ces espaces inhabités et d’occuper la place qui leur revient? C’EST NOTRE MUSÉE.

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L’été, les plaines sont pleines de nounous

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Dans mon royaume, des nounous prennent soin d’enfants quotidiennement. On peut facilement les confondre avec les grand-mamans qui promènent leur petits.

 

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J’ai la chance de connaître la plus extraordinaire nounou du monde entier, c’est mon amie Ginette. Elle prends soin d’enfants depuis 4 ans dans le quartier Montcalm. Ginette a un cœur d’or, un humour à se rouler par terre et une tendresse infinie. Et moi, j’ai le privilège de l’accompagner. Je suis son assistante nounou bonbon. Je gâte les enfants au maximum et ma plus grande force, c’est de leur chanter des chansons que je compose spontanément. Les paroles frisent le ridicule, mais ça fait la job. Ils aiment entendre mes délires.

 

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Je vous présente nos enfants.

D’abord, notre premier, il s’appelait Henri Gagnon. Beau comme un cœur, il était possessif. Henri ne supportait pas qu’on existe sans lui. Nous nous sommes apprivoisés doucement avec le temps.

Quant à Romain, notre deuxième, il était bien installé dans son carrosse avec des yeux bleus à faire tomber une mouche. Romain souriait à tout le monde. Adepte du moindre effort, son principal défaut: la paresse. Nous sommes tombés follement amoureux.

Puis, depuis un an, Sandrine est entrée dans notre vie. Notre première fille. Au début, elle pleurait partout et tout le temps. Sur la rue Cartier, au Petit Quartier et sur les plaines d’Abraham. Si vous avez vu deux femmes danser et chanter autour d’un carrosse, c’est nous, les nounous du tonnerre.

 

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Aujourd’hui, notre Sandrine est âgée d’un an et demi et elle pète le feu. Elle chante, parle, rit, marche et pleure rarement. Son principal défaut: l’impatience. Sandrine s’abandonne aux mains et au cœur de sa nounou parce que Ginette est la plus tendre, la plus présente et la plus rassurante nounou de la planète.

Mère orpheline, je ne serai jamais une grand-maman biologique mais la vie est généreuse. Elle donne la place pour que l’amour puisse vivre.

 

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Dans Montcalm, des pauvres

Il pleuvait à gros soupirs ce jour-là

Il pleuvait

Invisibles, on les voit furtivement. On les appelle les itinérants, les vagabonds, les sans-abri, les démunis, les ex-psychiatrisés, les BS.

Par une nuit blanche
Je marche
Libre du regard de la peur

À distance d’âme
Des fous dansent sous le ciel
Sur un trottoir vide de sens
Libres les fous
Cachés derrière le cadre
D’un tableau inventé
Malgré le vent malgré le froid
Ils marchent
Libres de la couleur des murs de leur prison

Libre de la couleur des murs de ma prison
L’éclat brille sans moi
La lumière me lave
Je disparais
Enfin

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Dans mon royaume, il y a des familles

Famille et duchesse

Mon quartier possède une aspect exceptionnel, il est intergénérationnel. Les marchettes et les carrosses se croisent au gré des saisons. Quel bonheur pour ses habitants de voir déambuler des carrosses remplis d’enfants. On les entend rire, pleurer, chanter, parfois faire des colères immenses. On voit aussi des parents aimants, patients, attentionnés, affectueux et parfois impatients. C’est la vie qui se vit dans mon royaume.

petite familleQuand j’observe les activités de mon quartier, je prends conscience qu’au fond, je n’ai jamais quitté le village de mon enfance. Curieusement, la vie d’un village ressemble à la vie de quartier. On fait ses courses à pied. On a un lien privilégié avec les commerçants.  Les gens se connaissent, se saluent, s’entraident et s’entrechoquent parfois.

Mon père était chef de gare à Barraute, en Abitibi. Nous habitions la gare et les souvenirs de mon enfance sont imprégnés du va-et-vient des trains qui passent. Un jour, j’ai demandé à ma mère: «Pourquoi les personnes pleurent quand le train arrive et quand le train part?» Elle m’a répondu avec toute la tendresse du monde: «On peut pleurer de joie et on peut pleurer de chagrin». À 5 ans, j’apprenais que la vie était complexe.

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Enfants avec vos folies en pleine rue

Sautez avec vos cheveux d’hirondelles

Sautez avec vos souliers percés d’étoiles filantes

Sortis d’une enfance encombrée de mille promesses

Des sanglots de rire valsent dans l’air

D’un soleil couchant

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Dans mon royaume, il y a des vieux

IMG_3181«Un vieux pommier ne donne pas de vieilles pommes» – Félix Leclerc

LES VIEUX BLOQUENT LE TRAFIC

LES VIEUX BLOQUENT LES TROTTOIRS

LES VIEUX BLOQUENT LES URGENCES

«Les baby-boomers ont peur de vieillir.» Wow! Toute une révélation. Quand j’entends ça, une colère grosse comme une chaleur de ménopause, en pleine nuit, provoque en moi une rage liquide.

Ben oui, on a peur de vieillir. La belle affaire! C’est tellement intéressant de vieillir quand on voit comment on traite certains de nos vieux. On les parke dans des bâtisses où ils doivent quêter leur petit pain qu’ils mangent en cachette, le soir, tout seuls, en dessous de leur couverte. On leur donne un bain une fois par semaine, sales ou pas sales, pis des fois, ils restent longtemps avec un tas pogné au cul… pis on leur envoie des clowns pour les faire rire… jaune. Ça vous tente, ça, vous autres?

Mais avant d’arriver à cette ultime dégradation, il y a des signes précurseurs éloquents. En voici quelques-uns que je vis et que je vous exprime avec tout l’enthousiasme que vous me connaissez.

IMG_3273Ça commence autour de la cinquantaine. La ménopause avec ses chaleurs nocturnes et diurnes. Il y a aussi les sautes d’humeur du genre: le goût de dire à quelqu’un, comme ça spontanément, qu’il a un ostie gros nez… ou de se mettre à pleurer parce qu’on a écrasé une fourmi sur le trottoir. Alors, on prend des hormones pis là, ben, on a peur du cancer du sein, mais en même temps c’est bon pour les os… Finalement, on ne le sait pas trop… On marche sur des œufs ou on glisse sur des pelures de bananes!

Pis les seins qui dégringolent, les fesses qui se plissent et qui deviennent tristes et le regard que l’on perd de l’autre. On abandonne les vieilles pour les jeunes, c’est plus bandant, pour un certain temps… le temps d’un champ de pissenlits ou de marguerites. As you like!

Pis là, arrive la soixantaine. Youppi, la retraite. On reçoit notre régime des rentes et, en même temps, des diagnostics de maladies héréditaires. Parce que l’hérédité, ça nous rattrape, «Les baby-boomers ont peur de vieillir.» WOW!

Il y a aussi ces femmes qui se font remonter la face et qui regardent en pleine face celles qui restent avec leur vieille face. Je me sens trahie par elles. Pis, en même temps, je les comprends tellement. Avec un chèque de droit d’auteur, je pourrais peut-être y penser… Et, là, juste de dire ça, j’entends nos super jeunes avec les dents blanches et la peau lisse dire: «Les baby-boomers ont peur de vieillir.»

Ben, j’ai le goût de vous dire de manger de la marde avant de l’avoir collée au cul. Nous, les baby-boomers, on se sera battus pour que vous ayez le choix de mourir dans la dignité.

J’embrasse tous les vieux qui on construit ce monde à bout de bras.

J’embrasse tous les vieux qui ont travaillé pour que nous ayons une vie meilleure. J’embrasse tous les vieux qui travaillent encore et encore.

J’embrasse tous les grands-parents qui sont présents pour leurs petits. 

J’embrasse mes parents qui m’ont donné ce qu’ils avaient et plus.

Gros câlins à vous.

Lise Bonenfant, 66 ans et demi

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Mon royaume

Montcalm

Il faut bien l’avouer, le quartier Montcalm est le royaume de la ville de Québec. Je suis amoureuse de mon quartier depuis 40 ans. Je lui ai été infidèle à trois reprises, et ces aventures n’ont duré que 3 ans. Heureusement. J’aime faire mes courses à pied. J’aime le cinéma Cartier et ses films de répertoire. J’aime les commerçants qui sont gentils et serviables. J’aime le Petit Quartier qui permet aux personnes âgées de se rencontrer autour d’un café et ainsi de briser l’isolement.

J’aime les plaines d’Abraham et ses jardins. Une merveille. Mon amoureux et moi y faisons des pique-niques tout au long l’été. J’aime le parc pour les enfants et les jets d’eau qui les font rire. J’aime entendre sonner les cloches de l’église Saint-Dominique. J’aime visiter le Musée national des beaux-arts installé majestueusement à mes pieds. J’aime les carrosses et les marchettes qui déambulent tout doucement au gré du temps. C’est un quartier intergénérationnel et c’est aussi un quartier où cohabitent des personnes qui ont des conditions économiques différentes. Autrement dit, il n’y a pas que des bourgeois. Et c’est pour toutes ces raisons que je l’aime tant, mon quartier.

J’habite au 18e étage, soit le dernier étage d’un immeuble, avec vue sur l’est. De là, je peux veiller au bien-être de mes sujets. Je vois la ville se réveiller. Je vois le soleil frapper à ma fenêtre. Je vois les bateaux sur le fleuve qui passent et qui m’envoient la main. Et même un certain soir de pleine lune, du haut de mon balcon, j’y ai touché du bout d’un doigt. Extase. Je vois les quatre saisons. Les tempêtes qui balaient les rues, les feuilles qui dansent à l’automne, l’été et ses jardins magnifiques et le printemps et ses perce-neige.

Il m’arrive de voir au loin le Saint-Patrick, résidence pour personnes âgées. Je me dis qu’il serait tout à fait normal qu’un jour j’habite cette résidence. Pour une reine en devenir de la Revengeance des duchesses, c’est un lieu à ma hauteur. J’habiterai sans doute au dernier étage et continuerai de porter un regard bienveillant sur mes sujets. Une reine, c’est une reine.

God save the queen!

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Merci