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Maude Gagnon

Lairet

Rue des Frênes

 Lairet – Je me souviens

Francoise et Gabrielle

Paroisse Saint-Albert – Souvenirs d’été

Sol-Henril

André et son petit frère Henri

À l’époque où la 41e rue était encore un immense champ de liberté. Bien avant que les paroisses fusionnent en villes et que les villes ne fusionnent en arrondissements. Il n’était pas rare de voir s’élever, entre les épis de blé, la pointe branlante d’une carabine, tenue à bout de bras par de menues mains d’enfants. C’était l’époque où la chasse n’avait pas de saison et où une corneille valait bien un gros bock d’autant que cela ne vienne pas aux oreilles de maman Françoise.

 

On est en plein début soixante. La dynastie Kennedy règne chez nos voisins. Marilyn rayonne et fait rêver les hommes. Duplessis a enfin terminé d’aliéner de pauvres orphelins. Jean Lesage gouverne un Québec encore un peu endormi qui commence peut-être tranquillement à rêver de révolution…

 

Ben et Francoise jeunes

Françoise et Bernard, photographiés par René Morin

Le petit André, avec ses yeux bleus comme le ciel et sa tignasse de blé, n’en a encore rien à cirer. Pour lui, la vie se résume à jouer au baseball, jouer au hockey, chasser la corneille avec Bernard et Denis, voler les sourires de sa douce Framboise et faire des combines pour sauver le coût de l’entrée à ExpoCité. André a huit ans. Il habite de l’autre côté du champ. Paroisse Saint-Rodrigue.

 

gabrielle

Gabrielle, photographiée par René

André aime bien chevaucher son siège banane à l’occasion pour aller se faire gâter rue des Frênes. Dans le gros bloc jaune et brillant, devant l’église Saint-Albert-Le-Grand. C’est que, quand André va visiter René et Gabrielle, ses grands-parents, c’est un peu comme si c’était Noël, même l’été. On mange le gâteau avant de le faire cuire, en prenant soin de ne rien laisser sur les batteurs. On vide les réserves de bonbons et de câlins et on relaxe finalement dans le vrai de vrai fauteuil vibrant de grand-popa René.

Paroisse Sainte-Odile – Souvenirs d’hiver

Début février, André et sa bande de scouts se rejoignent devant les ateliers de Bonhomme, rue des Cèdres. Six piastres pour enfiler des têtes de mascottes et traverser la ville à pied.

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André dans sa tête de mascotte au Carnaval de Québec

C’est jour de carnaval et dans la ville les âmes sont réchauffées. Les grandes lampées de caribou donnent des envies aux hommes de battre du bonhomme. Le petit André, tout comme ses amis, se fera résonner la trompette sur le cabochon à chaque occasion. Ça ne les empêchera tout de même pas de revenir parader d’année en année.

André grandit et, fidèle à l’organisation, décroche même une promotion. Fini la parade à pied. On lui offre les rênes d’un char allégorique, il prend même le caribou avec. Cette année-là, on met en scène un Pierre-Elliott Trudeau assis fièrement sur son trône qui fait danser un René «André» Lévesque à ses pieds au son d’un violon. Quelques autres grands noms de l’époque sont à leur côté. Le char est prêt à défiler. Mais André «René» n’a plus huit ans et ne s’est pas vraiment assagi. Assis sur le trône fédéral, il se fout profondément de Pierre-Elliott qui est, de toute façon, trop éméché pour violoner. Ce fut la dernière parade d’André.

Lairet – Et l’histoire continue

Aujourd’hui, André a un peu blanchi, un peu rondi. Il a toujours ses beaux yeux bleus d’antan et son cœur d’enfant. À ses quelques rides se sont ajoutés trois beaux petits enfants.

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André, alias grand-papa Bateau

Les années ont passé. André a immigré sur le bord de sa Gaspésie chérie où il vieillit doucement, bercé par l’océan. Kennedy et Marilyn sont morts depuis longtemps. Saint-Albert a rencontré Sainte-Odile et eux aussi ont fusionné depuis le temps. La rue des Frênes existe toujours même si René et Gabrielle n’y sont plus.

En cinquante ans, beaucoup de choses ont changé, d’autres moins. Maintenant, une fois par année, en décembre, André troque la tête de mascotte pour l’habit rouge du père Noël. Et c’est rue des Frênes que grand-papa Noël vient faire danser le cœur de ses petits enfants, comme dans une valse à cinq temps…

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Grand-papa Noël devant l’émerveillement de sa Juliette

Les photos de cet article proviennent de la collection de famille. Certaines sont prises par votre duchesse, d’autres par son père André Gagnon. Les plus vieilles sont l’oeuvre de René Morin, arrière-grand-duc de Lairet. 

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Rue de la Colombière

Mobilisation citoyenne

Matin du mois de mars 2011 c’est la fin du monde, rue de la Colombière
Quatre enfants retournent avec leurs brosses à dents
Six parents viennent d’être frappés par une bombe nucléaire
Demain matin, rue des Lilas, il n’y aura plus de garderieenfants

Et soudain,
Un éclair de génie

Un appartement vacant
Des annonces classées
Trois familles, quatre enfants, rue de la Colombière
Ont trouvé Émilie

filles

Les mamans fondatrices : Annick, Anne-Chantal et Caro

Des parents cherchent d’autres parents, rue de la Colombière
Des réunions extraordinaires, des jeux de chiffres et des casse-têtes
Des pièces à décorer
Un cocon en pleine création
Une garderie

membres fondateurs

Les nouveaux et anciens de la garderie:
   Tristan, Constance, Adèle, Eugène, Léo et Solène

Cinq familles, six enfants et une éducatrice, rue de la Colombière
Un grand 7 1/2 animé
Des enfants enjoués
Des parents soulagés
La souris Kiri

constouille

Constance

Deux printemps et trois hivers, rue de la Colombière
Eugène a fait ses premiers pas
Les jumeaux s’amusent dans la cour
Même Adèle a commencé l’école

Et Émilie qui sourit…

Émilie

La souriante Émilie Gosselin de la garderie Souris Kiri

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Où est donc passée la dignité?

lit 1Récit d’un voyage hors duché

Dernièrement j’ai été malade
Ça vous est sûrement déjà tous arrivé
Moi ça ne m’arrive pas souvent

J’ai 29 ans, parfaite santé, mère de trois jeunes enfants, duchesse revengeresse

Lundi midi, mal de hanche, chaleur
Chéri peux-tu rentrer plus tôt?
Mal de tête, chaleur
Je me couche
Et là, les frissons se mettent à me traverser le corps
La tuque, les mitaines, les couvertures de polar
Rien n’y fait
Une heure
Retour des grandes chaleurs
Mon lit est une rivière
Et ma hanche qui m’élance

Deux nuits et trois jours plus tard
Toujours le même scénario
Mais les enfants sont chez les grands-parents

Je me présente a l’hôpital avec 38,8 de fièvre
Pression basse
Pulsation cardiaque élevée
Globules blancs en dégringolade
On me garde à l’hôpital

Civière numéro 24
Corridor principal
Mes pieds pourraient presque toucher la civière 23
Mes mains presque ouvrir la porte de la conciergerie
Il n’y a pas de civière 25 puisque c’est la sortie
Les gens y entrent et sortent chaque minute
Devant moi le paysage apaisant des toilettes publiques
Dont on me refusera l’accès
Ce qui donnera naissance à ce billet

Dans le corridor,
Les infirmiers et infirmières se suivent et se succèdent sans trop d’empathie
Pas le temps de faire connaissance, on opte pour madame ou monsieur
Pas le temps non plus de demander si tout va bien
Certains confessent même ne pas avoir eu le temps de lire le dossier

Une heure du matin,  j’ai une envie pressante dans le bas du ventre
Je sonne
On se gante et se masque pour me parler
Je me hisse, seule, pour m’asseoir
Toujours ce mal de hanche
Je me lève pour rejoindre ma voisine la toilette
Je suis arrêtée
On m’a fait le test de l’influenza
(Pour lequel je n’ai pour symptôme que la fièvre)
Protocole oblige je dois être isolée
Je dois donc uriner et déféquer sur place
Civière 24
Corridor principal
Mes joues deviennent pourpres

Pardon?

Je suis devenue un danger pour la sécurité publique
Une lépreuse
Une chambre alors?
Non, c’est le corridor
Un nettoyage sanitaire supplémentaire pour me permettre de garder ma dignité?
Non, ce serait trop compliqué
Une pièce fermée alors et je la prendrai votre toilette portative
Je demande juste une porte
Non, on a pas ça ici, Madame Isolement
C’est le protocole

Je les ai tous fais répéter
Chaque fois
Épuisée, alitée, à jeun
J’en ai pleuré

Moi j’ai eu le verbe pour le dire
L’aplomb de la virgule
Je n’ai jamais lâché prise les cinq fois où l’envie me tiraillait le ventre
J’ai gagné mon point chaque fois
Et j’ai trôné en paix avec toute ma dignité
Mais pas mes voisins de civière
Âgés, fatigués, malades faudrait quand même pas oublier
Eux, ils ont dû lever leur jaquette en plein corridor central
Même quand ils protestaient
Et entendre certains employés s’exclamer avec dégoût
Ostie! Du caca mou!

Dans Lairet on n’est pas trop du genre by the book
Ça doit être pour ça qu’on n’a pas d’hôpital

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Lairet sur glace

Le tour du chapeau

Soirée du Hockey

photo (65)

Samedi soir, 21h, la glace est pleine au parc Marchand. Petits et grands s’échangent la rondelle sur une belle surface lisse et déneigée. Les lampadaires reflètent leur lumière diffuse sur la neige immaculée. On entend les patins crisser.

La rondelle vole dans les airs. Le train crie. La rondelle pénètre la lucarne dans le coin gauche. Les enfants crient.

Il est 22h au parc Marchand, on vient de faire le but gagnant.

 

photo (64)Ligue de garage

16h45 jeudi après-midi. Les garderies se vident tranquillement, ça sent la bonne soupe chaude. Pierre-Luc est assis sur son divan, il chausse ses patins. Depuis novembre, il arrose sa glace à grands coups de chaudières d’eau.

16h50 rue des Frênes. Pierre-Luc sort du bloc appartement, patins aux pieds. François et Dali sont sur la glace, bâton en main. L’école est finie. Le ciel est bleu.

17h10 sur la patinoire d’à côté. Les joues sont rouges, les sourires accrochés. Le souffle court, on se dit à demain.

C’est l’heure d’aller souper.

Patin libre

11h30 début janvier. Ça fait 4 jours que la ville s’est transformée en aréna. Les trottoirs sont givrés. Il doit y avoir beaucoup de hanches cassées.2

11h40 dimanche matin. Votre duchesse, elle, elle est sortie patiner.

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Rue des Saules Est

Ermes & Danira

(72)

1925

Ermes Mocchiutti voit le jour dans le petit village de Villanova, au nord de l’Italie. Les années passent et le petit Ermes grandit. Il y aura la plage, les sorties à l’église, la guerre et la colline de Medea.

1946

C’est sur cette colline que le jeune Ermes rencontre pour la première fois la belle Danira. Et tout de suite, il a su. C’était elle. Elle qu’il attendrait… 8 ans.

1954(71)

Danira épouse Ermes par procuration. Seule, anneau au doigt et espoir au coeur, elle quitte son Italie natale pour retrouver son homme qui l’attend. À 23 ans, elle ne le sait pas encore, mais le Québec lui réserve un avenir doux, plein de poésie, trois beaux enfants et sept petits-enfants.

1967

Année de souvenir. Année de l’Expo. Pendant que le monde entier découvre Montréal, les Mocchiutti découvrent Lairet. La famille emménage rue des Saules Est dans un joli bloc de brique rouge, comme on en trouve par centaines dans le quartier.

La famille Mocchiutti au coin de la 4e avenue

La famille Mocchiutti au coin de la 4e Avenue

1984

La benjamine quitte le nid familial, mais Ermes et Danira ne sont pas seuls. En plus de la maman et du frère de Danira, ils ont la poésie, les soirées de cartes entre amis, le potager, la piste cyclable, les quilles, l’église.

1988

Ermes prend sa retraite et se consacre au jardinage, à la poésie, à l’écriture et à l’archivage des statistiques annuelles d’accumulation de neige.

1996

Il tombe 4 mètres 36 de neige sur Lairet en 34 averses.

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Les Lefebvre vendent leur maison rue des Frênes pour retrouver la campagne. Les Gagnon-Ellyson quittent la métropole pour gagner Lairet. Les Mocchiutti jardinent et pédalent en souriant tous les jours. Mon histoire d’amour avec Lairet commence ainsi.

2014

Il n’y a pas que le Carnaval qui a 60 ans cette année. Il y a aussi mes voisins d’en arrière qui célèbrent 60 années de mariage et d’amour et qui, un après-midi de septembre, s’embrassent encore dans la cour…

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Jour de fête

La très sympathique Tram Nguyen du restaurant familial Tu Bong

La très sympathique Tram Nguyen du restaurant familial Tu Bong

Jour de coïncidences

Ce 31 janvier 2014 fut marqué par le lancement du blogue de la Revengeance ainsi que par le début de l’an 4712 du calendrier chinois. En tant que duchesse de Lairet, je ne pouvais laisser une telle coïncidence sous silence!

Je dois admettre que Lairet n’est pas la destination gastronomique la plus branchée à Québec. Par contre, quand t’as envie de casser la croûte avec tes baguettes, t’as du choix!

Agglutinés sur la 1re avenue, entre les rues des Ormes et de la Colombière, trois restaurants se partagent les clients avides de rouleaux impériaux et autres délices asiatiques.

 

Une année sous le signe du Cheval

Contrairement à Pékin, Lairet n’a pas sorti ses feux d’artifice pour l’occasion. Mais comme, le «Cheval» est décrit par l’astrologie chinoise et Wikipédia comme étant libre, créatif et émancipé, on a quand même trouvé le moyen de souligner cela à notre manière, en inaugurant un tout nouveau duché.

Vive Lairet Libre, Créatif et Émancipé!

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Les voeux de la tradition

Dans la tradition chinoise, il est coutume d’orner la porte d’entrée des maison de vœux spéciaux à l’intention des visiteurs. Comme ce blogue sera ma maison pour les 14 prochains jours, je vous offre, chers visiteurs, cette belle pensée d’un grand homme de chez nous en guise de cadeau de bonne année :

«Les vrais héros, ce sont des gens normaux qui vont au bout de leur humanité et tentent de créer un monde meilleur.»                                                                                                                                                                                                                                                                                                               - Gil Courtemanche 

 

 新年好

 

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Lairet, tu connais?

Lairet

Lairet, à ne pas confondre avec « les raies », c’est ce quartier indéterminé situé entre le viaduc en haut de la 25e Rue et le fabuleux centre d’achat des Galeries Charlesbourg. Je dis qu’il est indéterminé parce que j’ai emménagé ici en croyant habiter Limoilou, mais depuis notre déménagement il y a 3 ans, je ne fais que constater la confusion…

La majorité des Limoulois puristes auprès de qui j’ai mentionné habiter Limoilou m’ont affirmé que c’était en fait Charlesbourg et la plupart des Charlesbourgeois ne semblent pas connaître ces quelques rues. Dans les deux cas, la discussion se termine inévitablement par « ah oui, le quartier avec des noms d’arbres là… »

Donc, j’ai dû me rendre à l’évidence : j’habite fièrement Lairet.

Un beau quartier qui, avec ses portes merveilleuses (Les portes de Lairet), n’a rien à envier au Vieux-Québec.

Un quartier où tu peux facilement te tromper d’adresse et entrer un peu ivre chez des étrangers parce que tu as confondu le 370 des Saules Est avec le 370 des Saules OUEST… ou encore le 132 des Frênes Est avec le 132 des Chênes.

Un quartier où Marcel Michaud te vend de la bière à même le sous-sol de sa maison. Un quartier où tu risques ta vie chaque fois que tu te rends au parc en traversant la 4e Avenue avec ta poussette rouge et tes trois enfants.

Un quartier méconnu mais où tu trouves quand même le Colisée, Expocité, les Ateliers du Carnaval de Québec, un Ashton, des dessert aux légumes, un gym de femmes, une ligue de pétanque, une rue coupée en deux par une église, des personnes merveilleuses et beaucoup de créativité.

Bref, Lairet ce n’est pas vraiment exotique et glamour, mais c’est VRAI, c’est une pas pire place pour élever des enfants et surtout c’est mon quartier et votre tout nouveau duché.

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Merci