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Sophie Martineau

Limoilou

Une tuque pour la lune

L’odyssée laineuse se poursuit, et Sophie Lou pique une jasette à Clarisse Mayda-Bordes, créatrice de Cœur de mailles, qui donne des ateliers itinérants de tricot, de crochet, de couture, de broderie et de courtepointe (ayoye!). Ses ateliers s’adressent aux enfants de 8 à 108 ans. Je l’ai rencontrée autour d’une chocolatine à l’atelier-boutique Softi.

https://www.facebook.com/pages/Coeur-de-Mailles/113295895472363?fref=ts

Encore une fois, merci full full à Catherine Breton et à Spira Film pour leur aide!

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Sophie rencontre Sophie chez Softi

En tant que duchesse tricoteuse, Sophie Lou ne pouvait pas passer à côté du lieu «laineux» par excellence à Limoilou: l’atelier-boutique Softi! Dans ce magnifique local situé au 581, 3e Avenue, on peut magasiner de la laine, des accessoires de tricot et des objets tricotés, mais aussi suivre des cours de tricot et rencontrer plein de passionnés de la fibre naturelle.

Je suis allée jaser, un tricot à la main, avec Sophie Côté, propriétaire de la boutique. Mais avant, nous avons inversé les rôles et j’ai joué l’interviewée… Bon visionnement!

Dans le prochain épisode, je rencontre Clarisse, fondatrice de Coeur de mailles.

Je remercie Catherine Breton et Spira Film à l’infini pour leur aide!

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Je suis limouloise, limoilienne, limoilouve

«Limoilou» est un mot qui suscite naturellement le travestissement, on dirait. Peut-être parce qu’il est bizarre. Ou beau. Ou parce qu’il ne ressemble à aucun autre mot que l’on connaît. Ou tout ça à la fois. Spontanément, les Limoulois jouent avec:

Limoilove!

Limoiloup!

Aviez-vous remarqué? Image : MonLimoilou.com

Aviez-vous remarqué? Image: MonLimoilou.com

Moi, j’ai décidé de jouer avec «Limoulois». En fait, c’était à peine une décision, c’est sorti tout seul. Sur le formulaire de candidature de la Revengeance, c’était écrit «Nom de duchesse». J’ai écrit «Sophie Lou, duchesse de Limoilou». Ok, ça rime trop à mon goût. «Sophie Lou, duchesse limouloise», bon, ça s’en vient… il manque quelque chose. C’est un nom de duchesse revengeresse après tout. À bas les conventions!

Le gentilé officiel de Limoilou est «Limoulois», dixit la Commission de toponymie du Québec:

Le procédé qui consiste à intervertir les deux dernières syllabes du nom de lieu pour élaborer le gentilé apparaît très heureux, compte tenu de la difficulté soulevée par la finale -ou pour la dérivation.

«Très heureux» ? Ouin, c’est sûr que ça tombe bien, parce que ça facilite la prononciation. Peut-être que je pourrais inventer pour le fun un autre gentilé sans intervertir les syllabes…

Limoiloise. C’est vrai que c’est dur à prononcer.

Limoilaise. Malaise.

Limoilaite. Chu pas laite.

Limoilouve. Il me semble que ça a déjà été fait…

Limoilienne? Pas super facile à prononcer non plus… mais il ne me reste plus beaucoup d’options! Allons-y avec ça. Je ne serai pas choisie de toute façon…

Ha! Tu t’es fait prendre, Sophie Lou! Maintenant tout le monde est obligé d’endurer ton «Sophie Lou, duchesse limoilienne» chaque fois que tu commentes quelque chose sur Facebook… Il faut assumer!

Et vous? Que feriez-vous si vous aviez à réinventer notre gentilé?

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Limoëlou

Limoilou. Tu parles d’un drôle de mot. Ça ne ressemble à rien. Les autres noms de quartiers sont plus faciles à déchiffrer. Saint-Jean-Baptiste? En l’honneur du saint patron des Canadiens Français. Saint-Roch? En l’honneur du protecteur des animaux. Charlesbourg ? Le «bourg de Charles». (Mais quel Charles, c’est pas clair.)

Un jour, je suis allée en Bretagne. En regardant la carte dans un moment d’ennui, j’ai remarqué que juste à côté de Saint-Malo – d’où sont parties la Grande Hermine, la Petite Hermine, etc. – se trouvait une petite ville nommée… Limoëlou!

J’ai retenu mon souffle. Moment de grâce. Le genre de moment que tu vis quand tu apprends qu’avant la Révolution française, on roulait les R et on disait «le roué» et non «le roi». Quand on dit «toé, moé, jamas, portrat, Limoèlou…» on ne déforme pas les mots, on les transmet! C’EST LA PLUS BELLE CHOSE QUE J’AI VUE DE TOUTE MA VIE!

Hum. Scusez.

Fin des émotions.

Quel est le lien entre la Grande Hermine et Limoëlou ? La Grande Hermine était l’un des bateaux de Jacques Cartier, qui, lors de son deuxième voyage au Canada, a hiverné juste à côté de chez moi. Et Limoëlou, c’est le nom de son manoir en Bretagne.

C'est beau hein? Image : Collection Adine Baby-Thomson, Université de Montréal, via Serge Alain

C’est beau, hein? Image: Collection Adine Baby-Thomson, Université de Montréal, via Serge Alain

Dans ma tête en ce moment, j’ai vraiment une image de Jacques Cartier qui est allé veiller à Saint-Malo, pis qui dit à ses chums : «Eille les boys, faut que j’y aille, c’est un boutte d’ici à Limoëlou.»

Aujourd’hui, ce manoir est devenu le Musée Jacques-Cartier:

Wow! On y va?

Wow! On y va? Image: Musée Jacques-Cartier

Bon. On sait pourquoi Limoilou s’appelle Limoilou. Mais qu’est-ce que ça veut dire, au juste? Deux possibilités : «petit tertre pelé», selon un guide du Musée Jacques-Cartier, ou «cour/manoir chauve», selon la Commission de toponymie du Québec. Bref, un mot breton qui désigne une place où il n’y a pas grand-chose… une page blanche où il ne reste qu’à écrire une histoire! Il n’y a plus de raison de dire, maintenant, que le mot «Limoilou» ne ressemble à rien… il nous ressemble.

Dans le prochain épisode, on parle enfin de «Limoulois» et «Limoilien»…

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Bombes artisanales

Photo : Sophie Martineau

Mademoiselle Charlotte a opté pour le tricot-graffiti pour décorer l’entrée de son resto.

Il y a des gens qui aiment bien tricoter des trucs et en orner le mobilier urbain, de façon plus ou moins clandestine. En français, ils appellent ça du «tricot-graffiti» et, en anglais, du yarn bombing. Je préfère nettement le second terme. Il s’inscrit dans la famille des «terrorisme poétique», «guerilla gardening», etc.: de jolis oxymores qui évoquent l’idée d’imposer quelque chose de beau. J’ai décidé de le traduire en «bombes artisanales». Ce terme existe déjà pour désigner quelque chose de plus glauque, mais pourquoi ne pas lui redonner ses lettres de noblesse? Ou plutôt ses lettres d’artisanat.

L’un de mes souhaits, en étant duchesse, est de m’approprier mon quartier, que j’habite depuis seulement un an. J’ai donc décidé de semer sur mon passage quelques petits «tags» tricotés. J’ai même eu l’aide de la «Lou» originale, Grand-Maman Lou! (Ma grand-mère Louisette.)

Bombarder la ville de laine, c’est comme mettre une fleur dans le canon d’un fusil. En plus, la laine, ça vient automatiquement avec l’idée de confort, de chaleur, de familier. Dans une ville nordique, c’est plein de sens.

Bombarder la ville de laine, c’est faire le pont entre la tradition et la modernité, entre hier et aujourd’hui. C’est prendre un geste qui était au départ éminemment privé – le tricot – et le mettre en scène dans l’espace public. C’est tisser le lien du savoir-faire transmis de génération en génération, dans le tissu des années, et l’intégrer dans la trame de la vie urbaine. Dans certains cas, ça devient même une activité qui réunit les gens autour de quelque chose de doux et de coloré, histoire de se retricoter serré.

Un coup de pratique sur mon balcon. Manchon turquoise tricoté par Grand-Maman Lou.

Un coup de pratique sur mon balcon. Manchon turquoise tricoté par Grand-Maman Lou.

Une petite guirlande de fleurs fuchsia pour égayer le temps gris, crochetée par votre duchesse.

Une petite guirlande de fleurs fuschia pour égayer le temps gris, crochetée par votre duchesse.

Un tourbillon de caramel tricoté par Grand-Maman Lou.

Un tourbillon de caramel tricoté par Grand-Maman Lou.

Une affiche de spectacle nouveau genre.

Une affiche de spectacle nouveau genre, crochetée par votre duchesse.

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L’ami Sylvain Lelièvre

Le parc Sylvain-Lelièvre. Photo : Gilbert Bochenek

Le parc Sylvain-Lelièvre. Photo: Gilbert Bochenek

C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau
Y pousse des pissenlits dans les craques du trottoir
Avec ma première blonde on joue plus tard le soir
On fait le tour du bloc en bicycle dans le noir…

— Sylvain Lelièvre, La basse ville

C’est un pianiste, un chanteur, un parolier, un poète, un romancier. Quand il chante du blues, sa voix est belle, chaleureuse et grave. Quand il chante Marie-Hélène, sa voix est fragile et vraie. Ce monsieur avait l’air tellement doux et sensible: comme j’aurais aimé le rencontrer! Manifestement, il savait manier la langue française, pis ça, ça me touche. Et il a grandi sur la 8e Rue.

J’avoue bien humblement que je ne connaissais pas vraiment Sylvain Lelièvre avant de devenir duchesse (chu jeune, tsé!). C’est en lisant Au cœur de Limoilou, un joli livre publié à compte d’auteur par Joanne Bouchard et Jacqueline Laliberté, que j’ai enfin fait «Ah! okéééééé!» Tous les liens se sont faits dans ma tête: la salle Sylvain-Lelièvre, le parc Sylvain-Lelièvre avec son énorme portée métallique, le chanteur, Limoilou, Marie-Hélène.

Image : Québec Amérique

Image : Québec Amérique

L’œuvre où il parle le plus de sa vie à Limoilou est probablement Le troisième orchestre, roman publié en 1996. Ne reculant devant rien, votre duchesse préférée s’est empressée de le lire. Quel délice! Lorsqu’on a vécu dans les lieux décrits dans un roman, l’histoire n’en est que plus vivante, et c’est un plaisir rare pour un lecteur.

Préfacé par nul autre que Gilles Vigneault, c’est le récit initiatique de Benoît, un jeune homme de 15 ans qui étudie dans un collège catholique. Tiraillé entre le monde de la classe ouvrière et celui des bourgeois, entre la foi et l’impiété, entre l’enfance et l’âge adulte, il vivra ses premières expériences amoureuses, musicales et littéraires. Et le tout dans les rue de Québec, entre la haute ville et la basse ville. C’est drôle, c’est poétique, ça parle de Limoilou, ça parle de musique. Yé! En plus, c’est instructif (quand on n’avait pas 15 ans dans les années cinquante à Québec).

Faites-vous un chocolat chaud, enroulez-vous dans une couverte, et pelotonnez-vous sur votre divan avec ce livre et un chat. Vous m’en direz des nouvelles! Je vous laisse sur un de mes passages préférés:

«L’andante s’amorce sur une longue plainte en mineur d’abord chantée par le violoncelle, puis par le piano. Le motif que propose ensuite le violon semble plus léger, mais on n’a pas vraiment le temps de se laisser bercer: les trois instruments se déchaînent soudain avec une rare violence dans une avalanche d’accords diminués et de tensions irrésolues. Quand le thème principal revient, ça fait plus mal encore.»

Quelques liens intéressants pour en apprendre plus sur monsieur Lelièvre:

P.S. : Le troisième orchestre sera adapté au cinéma! J’ai hââââte! http://www.journaldemontreal.com/2013/01/28/lunique-roman-de-sylvain-lelievre-au-cinema

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Quatre fois Limoilou

Rivière Saint-Charles_Sophie Martineau_625

Hiver.

Le char de mon chum est pogné dans la sloche dans la ruelle. L’hiver prochain, on se parquera dans la rue. Mais moi je l’aime pareil, la ruelle. Même l’hiver, ça fourmille de chats. Je l’ai rebaptisée Chatmoilou. Des fois le soir, je fais semblant que je suis sportive et je traverse la rivière Saint-Charles pour aller patiner à la Pointe-aux-Lièvres. En regardant les enfants jouer dehors, je me croirais dans La guerre des tuques.

Printemps.

Dans la ruelle, ça sent la bouette. On entend les premières motos de l’année. Je continue de faire semblant d’être sportive et je jogge le long de la rivière. J’ai parfois l’honneur d’y croiser le héron local. Mon voisin d’à côté est le jardinier le plus crinqué de la rue. J’envie un peu sa jungle tropicale et ses cactus. Euphorisée par le soleil, je tricote sur le perron au son de ses perroquets, qui ont plus de jasette que la voisine d’à côté (l’autre côté). Ma mère nous offre son vieux barbecue, qu’elle n’utilise plus.

Été.

Je croise immanquablement un chat sur le trottoir en revenant de travailler. Pis, la chasse a été bonne, Tigrou? La ruelle est un vidéo de chat live en permanence. J’ai presque un peu l’impression d’être une vraie sportive, quand je pars en bicycle pour aller faire l’épicerie. C’est la première fois que j’ai accès à une vraie corde à linge! Je jubile, mais j’oublie toujours de m’en servir. Je me suis confectionné un sac d’épingles à linge avec du tissu à motif de chats. En août, on va enfin chercher le barbecue chez ma mère.

Automne.

Le terrain est parsemé de petites pommes. Les écureuils sont gras comme des voleurs. De mon balcon, je vois passer les oies blanches qui volent en V. Le voisin d’à côté est déjà en train de démanteler sa jungle tropicale et de rentrer ses cactus. Le voisin d’en face, lui, pousse la magnanimité jusqu’à balayer les feuilles mortes qui sont sur le trottoir. Mon chum me tape sur l’épaule : «Sophie, as-tu vu? Il neige!»

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Merci